---------- toute l’intelligence est dans la trompette ---------- l'information déployée par Jean-claude Barthelay ---------j'ai été enfant de choeur, militant socialiste, pilier de bar, artisan du batiment, conseiller municipal, sportif ( course à pied, alpinisme ) et touriste à Chamonix, c'est dire si j'en ai entendu des conneries...........................
Israël : de plus en plus d'enfants palestiniens placés en isolement carcéral
Selon l'Unicef, environ 700 enfants palestiniens de 12 à 17 ans sont chaque année arrêtés, interrogés et détenus par l'armée, la police et les agents de sécurité israéliens.
Le nombre d'enfants palestiniens détenus dans les quartiers d'isolement des prisons israéliennes est en train d'augmenter, dénonce dans un rapport publié lundi 12 mai l'ONG Défense des enfants international.
« Le recours au placement en quartier d'isolement d'enfants palestiniens pendant les interrogatoires est de plus en plus fréquent », a indiqué dans un communiqué l'ONG, évoquant une augmentation de 2 % de cette pratique depuis 2012.
« Il s'agit d'une violation des droits des enfants et la communauté internationale doit exiger des explications et des solutions, a déclaré Ayed Abou Eqtaish, représentant de cette ONG dans les Territoires palestiniens. En général, les enfants palestiniens sont détenus à l'isolement, soit par mesure disciplinaire, soit pour les séparer de la population adulte de la prison. »
700 ENFANTS
En octobre, quelques mois après la publication d'un rapport accablant de l'Unicef (Fonds des Nations unies pour l'enfance) sur l'arrestation et la détention de mineurs palestiniens, Israël avait annoncé une série de réformes et « de méthodes alternatives » pour répondre aux recommandations de l'agence des Nations unies.
Selon l'Unicef, qui utilise des statistiques de l'ONG israélienne B'tselem, environ 700 enfants palestiniens de 12 à 17 ans, en grande majorité des garçons, sont chaque année arrêtés, interrogés et détenus par l'armée, la police et les agents de sécurité israéliens. La majorité d'entre eux sont accusés d'avoir lancé des pierres.
Avec la nouvelle initiative de Macron, qui est venue renforcer la censure sur Internet, nous sommes tenus désormais de savoir que quiconque voudrait protester, devra se taire ou aller en prison après sanctions financières importantes à l’appui!
Nous sommes donc priés de subir la censure d’Internet, que cela nous plaise ou nous déplaise! Ajoutons que la censure a été décrétée pour « le bien de l’homme » infantilisé!
Pourtant, ne serait-ce pas plutôt la pratique du mensonge, de la désinformation, de la manipulation de l’opinion publique, par les médias au service du Pouvoir et du CAC 40, qui est à l’origine de la crise économique de la presse et des médias « officiels » dans leur ensemble?
Les journalistes ont été placés sous la houlette du gourou ultra libéral de la bien-pensance. La liberté d’opinions a donc disparu par le fait même et quasi l’ensemble des médias est passé dans les mains du CAC40. L’argent domine tout et contrôle tout, il veille en permanence sur son business et se moque éperdument de la réalité, de la factualité comme de l’historicité réelle, comme du droit des peuples à être effectivement informés afin qu’ils puissent faire leurs choix de vie en connaissance de causes… Nous avons perdu notre liberté d’expression, liberté de penser et liberté de la pensée!
En France, la loi de 1881 et les suivantes qui ont le même objet, permettaient déjà de traquer la diffamation et le mensonge! La loi prévoyait déjà la poursuite pour « propagation de fausses nouvelles »! De plus, il est bon de se rappeler que cette loi avait été votée pour limiter la liberté de la presse, dans le pays des « droits de l’Homme »… Cette loi avait été crapuleusement conçue pour criminaliser les propos de la Commune de Paris ! Qu’est-ce que Macron veut crapuleusement imposer de plus ? Que reste-t-il de plus à faire, à part de continuer à brandir niaisement son « petit livre rouge du mensonge déguisé en vérité » ?!
En réalité, nous découvrons dans l’initiative crapuleuse de Macron, que « la fausse nouvelle », ne s’avère être grave que si elle concerne de près ou de loin un homme politique ultra libéral, bien entendu, et plus encore si cet homme politique ultra libéral et néo conservateur est le président de la République française, même si celui-ci, comme c’est le cas de Macron, a été élu par une minorité de Français! (Cf., les chiffres des élections, abstentions et les perversions du système électoral français, in article de JYJézéquel :
Non seulement la censure est devenue crapuleuse, mais elle indique le niveau de mépris que cet homme peut avoir pour les Français. Les Français s’en rendent-ils compte, ou sont-ils déjà anesthésiés par la propagande au point d’être disposés à être lobotomisés sans résistance pour l’avènement triomphale de la pensée unique?
Attaquer la liberté sur Internet veut dire l’obligation faite à tous de rejoindre le flux ultra libéral et néo conservateur de la secte atlantiste. La secte ultra libérale et néo conservatrice ne peut pas laisser le Web vivre sa vie, car elle ne peut tolérer qu’un tel instrument de liberté puisse mettre sa gouvernance exclusive en danger du fait de n’être pas enchaîné, contrôlé, maitrisé, censuré, limité, inquisitorialisé…
La liberté est une menace mortelle pour le libéralisme qui est un fascisme; elle est une menace mortelle pour la doctrine sectaire de ce système; elle est une menace mortelle pour l’asservissement des peuples à la finance mondialisée, néocoloniale! Les médias pervers au service de cette perversion ont enterré la liberté d’expression. Internet est venu les détrôner et les jeter au bas de leurs « chaires de vérité » devenues les chaires du mensonge permanent ! Puis, les sans scrupules dominants ont déclaré que les sites d’information devaient être « associés obligatoirement à de grands médias », « officiels », ceux qui ne disent que la vérité par essence, par nature, par droit divin, par « révélation », par statut doctrinal, au nom d’une Constitution du sectarisme! Les croisades de limitation de la liberté sur le Net ont éclatées, prêchées par des illuminés fanatiques, prônant les « decodex » et autres sornettes de ce genre, prenant les gens pour de parfaits idiots et allant jusqu’à la menace de l’enfer éternel pour tous les insoumis. Les menaces n’ayant eu aucun effet jusqu’à présent, car il n’y avait plus grand monde pour croire en la possibilité d’un « enfer éternel », les gros industriels du Web ont alors imaginé, dans leurs ateliers de la perversion, comment ils pourraient parvenir à limiter l’accès aux réseaux performants, pour tout individu ou groupe d’individus qui ne serait pas membre de la secte, c’est à dire, partenaire « convenable » et – comble de plaisanterie de mauvais goût – capable de payer grassement sa privation de liberté, comme si cela devenait un privilège!
Macron fait donc partie de ces sans scrupules qui nous privent de notre liberté en nous disant qu’ils nous font un cadeau, pour notre bien… Le débat et l’information digne de ce nom ont disparu de France. Macron pense, comme tout bon sectaire, que la personne humaine adulte et responsable doit être impérativement infantilisée; qu’elle ne peut pas faire elle-même le tri sélectif devant la poubelle, verte, jaune, bleu ou rouge. Il pense que c’est lui qui est habilité à faire le tri pour nous les citoyens « lambda » et donc à décider pour nous ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, ce qui est bien et ce qui est mauvais! C’est donc une nouvelle religion, une doctrine sectaire, un mépris spectaculaire pour le peuple, la « colonie pénitentiaire de Kafka », un monde « orwellien » radicalisé et un délire de toute puissance pour quelqu’un qui s’est fait dieu à la place de dieu!
Depuis déjà longtemps, les médias courants étaient devenus des clones de la « bien pensance », puisque ces médias étaient en grande partie financés par les subventions de l’État. La logique de la pensée unique allait fatalement s’imposer à tous ces médias et Macron pouvait récolter le gros lot dans ses filets de campagne électorale et régner en maître absolu sur le monde de « l’information » devenu le monde de la désinformation et de la manipulation.
La CIA ayant inventé le concept de « complotisme », pour protéger avantageusement ses crimes incessants, les « grands médias », aux ordres des esclavagistes ultra libéraux et néo conservateurs fascistes, dont la CIA est la Gestapo attitrée, allaient se mettre en bandes organisées (par exemple, Le Monde/Libération), pour désigner les « complotistes », les « non alignés », les « subversifs du système », les « insoumis », les « mal pensants », en un mot, tous ceux qui ne détenaient pas les « bonnes informations ». Tout interlocuteur trop bien informé pouvait être ainsi facilement discrédité par cet instrument mafieux d’arnaque ou de guerre de la perversion nommée doctrine de la lutte contre le « complotisme »… Dans le même ordre d’idée, l’accusation parfaitement arbitraire « d’antisémitisme » allait faire aussi partie des moyens de la guerre de la désinformation perversion pour réduire au silence tout individu qui oserait proclamer des vérités dérangeantes, non conformes au formatage de « post-vérité » seul autorisé par la secte atlantiste.
Aux temps mémorables des grandes « chasses aux sorcières », il y avait aussi des imbéciles heureux qui se complaisaient à dénoncer comme « sorcières », les femmes trop jolies, trop belles, trop sulfureuses, trop intelligentes, trop efficaces, inaccessibles pour eux. C’était la façon la plus simple d’éprouver le plaisir malsain de les voir arrêtées, martyrisées, souffrir et mourir sur les bûchers de la jalousie et de la psycho pathologie religieuse. Aujourd’hui, les mêmes imbéciles heureux, provenant de la cuvée Macron et complices, agissent à partir de la même intentionnalité. Les « complices », sont tous ces abusés, naïfs, arrivistes, ou démunis de cervelle, incapables de raisonner ou au contraire carrément volontaires pour un cynisme assumé de la perversion! Il y a, parmi ces gens là, ceux qui constituent la bande des auxiliaires de la mafia dominante, qui faute de n’avoir rien d’autre à faire pour exister, se complaît dans la chasse aux « complotistes »…
Ainsi, des textes parfaitement documentés, des images authentiques, des réflexions de valeur, sont purement et simplement refusés à l’édition parce que jugés « inacceptables au politiquement correct », inacceptables à la « pensée unique » dominante de la secte atlantiste ! Des conférences, débats, confrontations, rassemblements, échanges, documentaires ont été supprimés en France par la censure implicite et explicite de la secte atlantiste veillant sur son pouvoir absolu de gardienne de la pensée unique et de dresseuse patentée des peuples à « l’amour de leur soumission » ou promotrice de « la fabrication du consentement »…
A partir de 2012, lorsque la guerre a éclaté en Syrie, il est devenu impossible en France de s’exprimer sur cette guerre. Dès que quelqu’un voulait communiquer avec le peuple sur la question, réunir un public dans une salle pour une information réelle, les menaces pleuvaient aussitôt de toute part sur les organisateurs « terrorisés » qui annulaient les colloques ou conférences pourtant nécessaires sur le sujet. Je le sais, puisque je l’ai vécu moi-même, à la suite de la publication de mon livre sur « Le djihad et le management de la terreur ». L’État français et ses bandes de mafieux assermentés ont organisé un authentique « terrorisme » médiatique chargé de tuer la vérité, toute velléité de savoir, et toute prétention à vouloir penser librement sur cette question majeure…
Pourquoi est-il impossible de s’exprimer en France sur la situation syrienne, sur la politique étrangère de Hollande et de Macron aujourd’hui? Qui se pose cette question honnêtement?
La réponse est pourtant simple. Parce que l’État français est un vassal des États-Unis; parce que l’État français, sans l’avis de personne, a formé, encadré, ravitaillé, financé et appuyé des terroristes « djihadistes » pour massacrer le peuple syrien dans le but de renverser Bachar El Assad et de s’emparer de ce pays pour l’aligner et le forcer à entrer dans la secte atlantiste. Parce que l’État français est un authentique criminel de guerre et génocidaire qui doit comparaître devant le TPI. Voilà pourquoi il est devenu impossible de faire passer la moindre information sur ce sujet en France.
Ce mensonge triomphant est révoltant pour la conscience éveillée des personnes qui se voient ouvertement méprisées par ce Pouvoir de pervers et de criminels leur imposant sa dictature de la pensée, uniquement parce qu’il tient à garder les coudées franches pour continuer à contrôler, en les dominant, des peuples transformés en moutons bêlant au rythme de la propagande…
Le journaliste de renom Jean-Loup Izambert a été censuré, pourquoi ? Qui sont les Éditeurs courageux qui ont malgré tout accepté de publier son formidable travail d’enquête? Que chacun s’interroge sur ces questions.
Lorsque Paul Moreira a voulu publier son documentaire, dont la qualité est exceptionnelle, sur ce qui se passe vraiment en Ukraine, (voir le documentaire : Ukraine, « Les masques de la Révolution », sur https://vimeo.com/jay4louise/Videos), les inquisiteurs du journalisme kapo ont hurlé avec les loups et déclaré Paul Moreira ne faisant plus partie des « gens sérieux », car devenu tout à coup un « complotiste »… etc. Il a été censuré. Qui sont les inconscients qui osent encore dire que cette société n’est pas dégénérée, pervertie, le mensonge incarné, tout ce qu’il y a de plus pervers et de plus détestable? La réponse me semble évidente : ou bien ce sont ceux qui sont comme elle, dégénérés, pervers, menteurs, et détestables, ou bien ce sont les idiots, les sans cervelle, les naïfs, les psychiquement fragiles, les moutons, les dressés, les dépersonnalisés…
C’est la même chose qui s’est passée pour ce fameux historien philosophe Éric Hobsbawm qui a été censuré pour son livre « L’âge des extrêmes » ! Heureusement pour nous que « Le Monde Diplomatique » et un éditeur Belge ont couru le risque de le publier !
Même histoire avec Guy Mettan qui a été médiatiquement assassiné par Christophe Deloire, un agent de la Gestapo journalistique, lorsque Mettan a voulu organiser à Genève, un débat sur le véritable rôle des « casques blancs » en Syrie. On ne touche pas à l’organisation criminelle des États membres de la secte atlantiste…
Natacha Polony s’est faite virer de partout, périodiques, télévisions, radios, car elle a été déclarée, non conforme au statut de respectabilité, n’ayant pas sa place autour de la table du journalisme officiel. Elle a osé se montrer en compagnie de « La France des insoumis » ! Elle est aujourd’hui la présidente du « Comité Orwell » et se bat contre la police de la pensée. Bien entendu il y a des larbins du système, comme Laurent Joffrin, qui se pensent bien inspirés pour casser celle qui a osé organiser une dissidence, en soulignant les tares de ce milieu devenu misérable… Mais, des Laurent Joffrin n’intéressent plus personne aujourd’hui, à part les moutons du troupeau qui bêlent en chœur leur inconscience et qui entrent dans « le silence des agneaux » au moment d’être menés docilement par les loups à l’abattoir… Le troupeau s’amenuise chaque jour un peu plus et bientôt les loups du journalisme kapo au service de la censure, n’auront plus rien à se mettre sous la dent…
Lorsque RT-TV France a voulu s’installer dans l’hexagone, l’État français et ses assassins de service ont tout fait pour mettre des bâtons dans les roues de la chaîne Russia Today. Mais aujourd’hui RT-TV France diffuse enfin, après un combat acharné contre la censure et les accusations mensongères d’un fanatisme révélateur de la pathologie au pouvoir.
Qui n’a pas entendu parler de la disparition du média « Afrique Asie »? La qualité et le niveau supérieur de ce média au service de l’information et non pas au service de la censure, ont été détruits par l’État terroriste français qui a, de manière tout à fait crapuleuse, commandité un contrôle fiscal contre ce journal militant. En pratiquant le racket, pourtant condamné par la loi, l’État étant au-dessus des lois, n’a de comptes à rendre à personne et peut tuer qui il veut, quand il veut, où il veut. Majed Nehme, le directeur héro de ce journal a été « journalistiquement » tué par l’État français, content de son coup! Voilà une gigantesque censure de plus : celui qui ne dit pas le mensonge que le Pouvoir veut entendre, est exécuté sans scrupule.
Qui ne connaît pas encore la brillante historienne Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris VII ? Elle est devenue « l’ennemi Numéro 1 » du mensonge institutionnalisé ! Étant donné qu’il est impossible de la mener en bateau, tant est redoutable sa force de frappe documentée, la solution a été trouvée la concernant : l’annulation pure et simple de tous les débats publics lorsqu’elle doit être présente, car la vérité est trop bien défendue par cette femme historienne qu’il est impossible de recaler! Combien de Français savent cela? Que disent tous les moutons bien dressés, lorsqu’ils découvrent la figure de cette historienne exceptionnelle, censurée à mort dans tous les medias de France et de Navarre?
Quant aux « lanceurs d’alerte », il est certain que, repérés et identifiés, leur vie devient tout « naturellement » précaire ! Ajoutons que cinq lanceurs d’alerte en pleine forme et encore jeunes, parfois même très jeunes, sont morts ces dernières années, de façon tout à fait mystérieuse : tous déclarés « suicidés », alors que rien ne pouvait venir conforter ces allégations. Ce fut le cas de James Dolan en 2013, 36 ans ; de Serena Shim en 2014 tuée dans un accident de voiture, étrange: la jeune journaliste avait des renseignements précis sur le soutien turc à Daech, 29 ans ; Michael Ruppert en 2014, 63 ans ; Udo Ulfkotte en 2017, 56 ans ; David Kelly en 2003, 59 ans…
La censure règne sévèrement sur tout l’Occident dit « libre et démocratique ». La société est noyée dans le mensonge permanent ; elle vit dans ce bain ; elle respire cet air malsain ; elle dévore cette alimentation toxique ; elle ne peut plus faire un discernement entre le vrai et le faux, car elle n’aura bientôt plus aucun moyen de comparer ce qu’on lui enfonce dans la tête à coup de propagande, avec d’autres versions de la réalité. Cette société est donc la bergerie atlantiste dans laquelle la censure et le mensonge au service des États transformés en traders de la haute finance, ont conduit les peuples à la dépossession de leurs libertés fondamentales et au « silence des agneaux » conduits à l’abattoir.
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Par Jonathan Cook
Ahed Tamimi, âgé de seize ans, n’est peut-être pas ce que les Israéliens avaient en tête quand, pendant de nombreuses années, ils avaient critiqué les Palestiniens de ne pas avoir produit un Mahatma Gandhi ou un Nelson Mandela.
Finalement, les peuples colonisés mettent au premier plan une figure mieux à même de remettre en question les valeurs pourries qui sont au cœur de la société qui les opprime. Ahed est bien qualifié pour cette tâche.
La semaine dernière, elle a été accusée d’agression et d’incitation après avoir giflé deux soldats israéliens lourdement armés qui refusaient de quitter la cour de sa maison familiale dans le village de Nabi Saleh, près de Ramallah, en Cisjordanie. Sa mère, Nariman, est en détention pour avoir filmé l’incident. La vidéo est rapidement devenue virale.
Ahed s’est défoncé peu de temps après que des soldats qui se trouvaient à proximité ont tiré sur sa cousine de 15 ans en plein visage, la blessant gravement.
Les commentateurs occidentaux ont largement refusé à Ahed le genre de soutien enflammé réservé aux manifestants pour la démocratie dans des endroits comme la Chine et l’Iran. Néanmoins, cette écolière palestinienne – qui risque peut-être une longue peine de prison pour avoir défié ses oppresseurs – est rapidement devenue une icône des médias sociaux.
Bien qu’Ahed soit jusqu’à ce moment-là une inconnue pour la plupart des Israéliens, elle est un visage familier pour les Palestiniens et les militants du monde entier.
Pendant des années, elle et d’autres villageois se sont affrontés chaque semaine avec l’armée israélienne qui impose la domination des colons juifs sur Nabi Saleh. Ces colons se sont emparés de force des terres du village et de l’ancienne source, une source d’eau vitale pour une communauté qui dépend de l’agriculture.
Avec ses cheveux blonds irrépressibles et ses yeux bleus perçants, Ahed a souvent été filmée depuis qu’elle était une petite fille affrontant des soldats qui se dressent au-dessus d’elle. Ces scènes ont inspiré une ancienne militante israélienne pour la paix à oindre sa Jeanne d’Arc de Palestine.
Mais peu d’Israéliens apprécient.
Non seulement elle défie les stéréotypes israéliens sur un Palestinien, mais elle a porté un coup contre l’auto-illusion d’une culture fortement militarisée et masculine.
Elle a également donné forme, de manière troublante, aux enfants palestiniens maintenus dans l’anonymat qu’Israël accuse de lancer de pierres.
Des villages palestiniens comme Nabi Saleh sont régulièrement envahis par des soldats. Les enfants sont traînés hors de leur lit au milieu de la nuit, comme cela est arrivé à Ahed lors de son arrestation le mois dernier en représailles de ses gifles. Des groupes de défense des droits de l’homme documentent comment les enfants sont régulièrement battus et torturés en détention.
Chaque année, des centaines de personnes passent par les prisons israéliennes, accusées d’avoir jeté des pierres. Avec des taux de condamnation supérieurs à 99 % dans les tribunaux militaires israéliens, la culpabilité et l’incarcération de ces enfants sont une conclusion inéluctable.
Ceux-là ont peut-être de la chance. Au cours des 16 dernières années, l’armée israélienne a tué en moyenne 11 enfants par mois.
La vidéo d’Ahed, diffusée à plusieurs reprises sur la chaîne de télévision israélienne, a menacé de retourner l’image de David combattant un Goliath arabe dont se prévalait Israël. Ceci explique l’indignation toxique et les sentiments outrés qui ont saisi Israël depuis la diffusion de la vidéo.
Comme on pouvait le prévoir, les politiciens israéliens étaient furieux. Naftali Bennett, le ministre de l’Education, a appelé Ahed à « mettre fin à sa vie en prison ». La ministre de la Culture, Miri Regev, une ancienne porte-parole de l’armée, a déclaré qu’elle se sentait personnellement « humiliée » et « anéantie » par Ahed.
Mais le plus troublant c’est qu’un débat médiatique a qualifié de «honte nationale» l’échec des soldats à frapper Ahed en réponse à ses gifles.
Le vénérable animateur de télévision Yaron London a exprimé son étonnement que les soldats « se soient abstenus d’utiliser leurs armes » contre elle, se demandant s’ils « hésitaient par lâcheté ».
Mais les menaces de Ben Caspit, un des principaux analystes israéliens, étaient beaucoup plus sinistres. Dans une colonne en hébreu, il a dit que les actes d’Ahed ont fait « bouillir le sang de chaque Israélien ». Il a proposé de la soumettre à la vengeance « dans le noir, sans témoins ni caméras », ajoutant que sa propre forme de vengeance le conduirait directement en prison.
Ce fantasme – de violer de sang-froid une enfant incarcérée – aurait dû écœurer chaque Israélien. Et pourtant, Caspit est toujours en sécurité dans son travail.
Mais en plus de mettre en lumière la maladie d’une société accro à la déshumanisation et à l’oppression des Palestiniens, y compris des enfants, le cas d’Ahed soulève la question troublante de savoir quel genre de résistance les Israéliens pensent que les Palestiniens sont autorisés à pratiquer.
Au moins, le droit international est clair. Les Nations Unies ont déclaré que les personnes sous occupation sont autorisées à utiliser « tous les moyens disponibles », y compris la lutte armée, pour se libérer.
Mais Ahed, les villageois de Nabi Saleh et beaucoup de Palestiniens comme eux ont préféré adopter une stratégie différente – une désobéissance civile militante et conflictuelle. Leur résistance défie l’hypothèse de l’occupant selon laquelle il a le droit de dominer les Palestiniens.
Leur approche contraste fortement avec les compromis constants et la prétendue «coopération sécuritaire» acceptée par l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas.
Selon le commentateur israélien Gideon Levy, le cas d’Ahed démontre que les Israéliens refusent aux Palestiniens le droit non seulement d’utiliser des roquettes, des fusils, des couteaux ou des pierres, mais même ce qu’il appelle ironiquement un « soulèvement des gifles ».
Ahed et Nabi Saleh ont montré que la résistance populaire non-armée – si elle doit gêner Israël et le monde – ne peut se permettre d’être passive ou polie. Elle doit être intrépide, antagoniste et perturbatrice.
Surtout, elle doit tenir un miroir à l’oppresseur. Ahed a démasqué le tyran armé qui se cache dans l’âme de trop d’Israéliens. C’est une leçon digne de Gandhi ou de Mandela.
La mort de Johnny Hallyday a déclenché une vague médiatique à la hauteur des événements les plus dramatiques. Le 6 décembre 2017, les commentaires en boucle coupés par les directs, les témoignages de proches et les micro-trottoirs des fans se succédèrent sans discontinuer sur toutes les ondes : chaînes d’info... en continu, immédiatement suivies par les chaînes d’info générales puis par la presse écrite. Le déluge continua les jours suivants, relancé par un hommage national retransmis en direct et un « dernier voyage » aux Antilles. Les titres étaient à la hauteur de l’évènement : « France en deuil », « France en larmes ». Les commentateurs redoublaient l’unanimité par leurs explications : la France était en deuil parce que le défunt était une « idole », voire un « héros », etc. On se sentait ainsi un peu seul si l’on ne ressentait aucune tristesse. Était-on même tout à fait français ? Dès le premier jour de ce deuil médiatique, les solitaires découvraient pourtant qu’ils l’étaient moins lorsque, rencontrant des amis, ils partageaient agacement et ironie. Il est probable que ces dissidents étaient socialement proches mais, à l’inverse, les endeuillés n’étaient-ils pas surtout membres du showbiz et les fans plutôt des septuagénaires des milieux populaires ? En tout cas, il n’y avait nulle unanimité.
Lire aussi , « Les médias reflètent-ils la réalité du monde ? », Le Monde diplomatique, août 1999.Comment ce déferlement unanimiste avait-il pu se développer contre la vérité et la raison ? Encore une fois, on se trompait d’objet en croyant que l’information enregistre simplement l’importance des événements et parle forcément des choses qu’elle désigne. Les médias étaient bien en peine de voir qu’ils fabriquaient eux-mêmes cette unanimité d’images et de papier. Était-ce encore de l’information que ces images et commentaires diffusés pendant une semaine, jusqu’à la tombe antillaise ? En attendant les suites du récit funèbre où, « avec du recul », viendront les documentaires sur la carrière du chanteur et les confidences des intimes. Les médias se sont comportés comme des entreprises de mobilisation. Un rôle habituel mais dénié.
L’industrie de l’irréalité
Dans les dystopies les plus classiques, l’ordre totalitaire est notamment assuré par la propagande. Dans Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley, la mise en condition totalitaire s’impose par la profusion de l’information et précisément par celle des images diffusées par les murs écrans tandis que, dans 1984 de George Orwell, Big Brother règne par le contrôle strict d’une information unique. George Orwell était sans doute plus réaliste au regard des régimes totalitaires qui avaient occupé le XXe siècle, Aldous Huxley plus prophétique en anticipant l’ère télévisuelle et numérique de l’inflation des canaux et des messages. Le traitement médiatique de la mort de Johnny Hallyday a donné une version hybride de cette tutelle en associant une multiplicité des médiateurs et une uniformité du message. Tous ces médias, chaînes de télévision ou de radio, et même la presse écrite, moyennant quelques variations, titraient sur la mort de Johnny — seul le quotidien La Croix titrait sur l’annonce du déplacement de l’ambassade américaine à Jérusalem par Donald Trump. La communion avec autrui, le bien par excellence disait Emile Durkheim, tel fut le spectacle que donnèrent les médias, quitte à mépriser tout le monde, les spectateurs sommés de clamer leur amour ou rejetés dans le néant. Il fallut attendre plusieurs jours pour entendre quelques voix dissonantes.
Lire aussi , « Des chaînes « tout info » bien peu dérangeantes », Le Monde diplomatique, juin 2007.George Orwell et Aldous Huxley n’avaient pas fait l’autopsie du régime de conditionnement supposant implicitement qu’il fallait chercher du côté du pouvoir politique totalitaire, une puissante administration tirant les ficelles de la soumission. À commencer par celle des producteurs d’information. Rien de tel ici. Il faut donc expliquer comment les médias ont mis en musique une partition du deuil unanime, sans poste de commandement, en quelque sorte spontanément. Si l’on en croit les justifications professionnelles, la hiérarchie de l’information serait déterminée par l’importance de l’évènement. Tant pis si cet objectivisme de l’information ne résiste pas aux épreuves les plus simples. Rien de plus solide qu’une idéologie professionnelle que les professionnels démentent volontiers en privé mais qui est commode pour se préserver. Comment les médias ont-ils pu être si unanimes face à un événement dont beaucoup de journalistes auraient convenu qu’à titre personnel, ils s’en fichaient ? Cette forme de coordination se trame dans les salles de rédaction où les uns et les autres réagissent selon ce que disent et montrent les uns et les autres. Il faut voir les murs d’écrans diffusant les images de la concurrence dans les studios de télévision et les exemplaires de journaux dans les bureaux des radios et de la presse écrite pour comprendre cette situation d’interdépendance tactique élargie (Thomas Schelling) où la vision que se font les uns dépend non seulement de la vision des autres mais de ce qu’on croit être la vision de l’autre. Et inversement. Contre tout le bon sens libéral du pluralisme de l’information, il faut alors expliquer comment l’information peut être d’autant plus uniforme que se multiplient les moyens de communication.
On n’a même pas entendu les critiques les plus banales de l’instrumentalisation des médias par les pouvoirs politiques et de l’aveuglement de journalistes ne sachant pas ce qu’ils font. En l’occurrence, les journalistes ne sont pas des instruments du pouvoir, ils en sont des acteurs. Et s’ils ne sont pas plus conscients que d’autres de ce qu’ils font, ils ne sont donc pas, ou pas complètement, des « idiots utiles ». Les relations interpersonnelles les associent aux dirigeants politiques qu’ils fréquentent, tutoient et parfois épousent mais par leur action au cœur des mécanismes de pouvoir. Pas seulement un personnel auxiliaire mais un personnel informel de l’État. Et si on reproche parfois la pusillanimité des interviews aux politiques, est-ce parce qu’ils obéissent ou parce qu’ils sont d’accord ? D’accord sur les façons de concevoir la politique et d’ailleurs déjà largement familiers d’un milieu d’interconnaissance. Ce nouveau clergé séculier organise les grandes célébrations d’État comme l’ont été les cérémonies en hommage à Jean d’Ormesson et à Johnny Hallyday. D’autant plus qu’ils ont accédé eux-mêmes à la célébrité comme c’est de plus en plus le cas pour une frange supérieure de la profession. Notamment dans la presse télévisuelle où la quasi ubiquité de certains visages vaut une renommée quasi automatique. L’attraction de la profession pour les jeunes candidats aux écoles de journalisme participe aussi à la quête de cette réussite particulière qu’est la notoriété. La télévision est devenue rapidement cette machine à la produire pour ses propres acteurs autant que pour les politiques, les gens de spectacle et quelques autres. « L’industrie de l’irréalité » a gagné en... réalité. Elle l’est aujourd’hui surtout pour ses personnels qui occupent de plus en plus l’espace médiatique, avec des journalistes invitant des confrères, et réciproquement, et d’autres personnalités du showbiz, du sport et de la politique qui font le tour des studios, en mettant même en scène des querelles intestines.
Lire aussi , « Aux dîners du Siècle, l’élite du pouvoir se restaure », Le Monde diplomatique, février 2011.Cette promotion collective d’une profession dans la hiérarchie sociale se mesure à la place des journalistes en d’autres arènes comme les cercles de puissants : ainsi les diners du Siècle comprenaient 17 journalistes sur 100 membres. De même, la réussite de quelques-uns amène les subordonnés à s’identifier à leur patron, quitte à espérer leur succéder, comme en politique — avec les assistants qui se présentent par leur proximité moins à une émission qu’à son animateur ou producteur inévitablement connu. C’est cette notoriété qui constitue le lien, le crédit, bref ce qui permet la coordination sociale.
Parler d’un clergé séculier n’est pas métaphorique seulement par la fonction d’officiant — ceux qui officient aux cérémonies ordinaires (interviews, invitations) ou exceptionnelles (obsèques) — si on considère que cette économie de la domination fondée sur la célébrité rapproche d’un néo-protestantisme qu’on pourrait dire laïc, car la transcendance n’est pas située dans un dieu identifiable mais suggère une providence indéfinie. Comme le protestantisme et spécialement Calvin avaient rendu un grand service à la bourgeoisie capitaliste en faisant de la réussite matérielle le signe de la grâce divine et l’avait ainsi désinhibée des soupçons chrétiens pesant sur l’argent et le profit, l’économie de la célébrité soude ses bénéficiaires par cet entre-soi où chacun bénéficie du réconfort des autres célébrités rassemblées dans une communauté d’élus. En même temps, la célébrité comme forme de la réussite sociale, signifiée par un nom, opère selon les schèmes de l’individualisme puisqu’il s’agit de la forme la plus personnalisée de la réussite, celle où la célébrité parachève le triomphe de l’individu.
La doxocratie
Comme d’habitude fascinés par l’apparence, en dissertant sur les idoles et les héros, les commentateurs n’ont pas vu que Johnny n’y était pour rien. Il n’y eut guère d’exception sinon pour dénoncer ou bouder. Un peu de temps après, quand même et au titre de la célébrité. Les politiciens furent assurément les plus gênés même s’ils ne partageaient pas les mêmes raisons : il ne fallait pas braquer d’éventuels électeurs. Certains n’évitèrent pas le ridicule en comparant le défunt à Victor Hugo ou à la tour Eiffel. Plus rares furent ceux qui tentèrent de comprendre en s’emparant de l’entreprise de la campagne de presse comme d’un révélateur. Ainsi Régis Debray qui, en retrouvant des souvenirs de vieux marxiste, lisait une configuration de classes où les élites composites rassemblées par la notoriété fondent leur domination sur les classes culturellement les plus modestes. Une « oligarchie populiste » résumait-il non sans quelque pertinence. Oligarchie ? Le terme n’a cependant guère d’autre vertu que de démentir un démocratisme naïf tant tous les régimes politiques sont sociologiquement plus ou moins oligarchiques. Bien des choses changent cependant selon qu’il s’agit d’oligarchie autoritaire ou d’oligarchie pluraliste. Sans que cela interdise de s’interroger sur les apparences. Quant à « populiste », l’emploi est plus flou tant la destination d’une stratégie ne suffit pas à résumer un ordre politique. Il n’est d’ailleurs pas certain que cette stratégie en interdise d’autres selon les circonstances. Et si cette stratégie « populiste » caractérise bien le travail de domination, encore faut-il qu’elle soit efficace et que les dominés soient bien dominés. Derrière le spectacle de douleur unanime donné par les médias, combien de fans endeuillés, de badauds curieux et d’indifférents absents ? Sans oublier qu’on peut endosser les personnages successivement ou simultanément. Assaillie par les messages de condoléances de ses amis, une fan du chanteur réagissait avec un bon sens que d’aucuns jugeraient « populaire » : « Faut pas exagérer, ce n’est tout de même pas mon père ou ma mère qui vient de mourir ». On pourra discuter sur le nom à donner à cet ordre politique nouveau.
Il faut alors regarder du côté des maîtres apparents du jeu, les détenteurs du pouvoir. On comprend aisément que des dirigeants politiques s’emparent des occasions de popularité, s’approchent intimement des personnages publics censés leur donner accès aux bénéfices de leur propre popularité, journalistes et membres du showbiz. Tout cet univers est caricaturé par une mesure annuelle de popularité dont le classement mêle acteurs, chanteurs, journalistes et politiques. Cette année encore, le premier fut un chanteur retraité depuis quinze ans qui a demandé qu’on lui fiche la paix. Cette galéjade, à elle seule une démonstration, n’en est pas moins commentée, sans rire, par la plupart des médias. Il est des indices plus sérieux de cette confusion entre le réel et l’irréel, ils se sont multipliés depuis qu’un acteur de cinéma (Ronald Reagan) est devenu Président des États Unis, avant qu’un autre le devienne à son tour grâce à une fortune bâtie sur la notoriété (Donald Trump). Il ne faut pas omettre les alliances matrimoniales qui amènent des dirigeants politiques à épouser des actrices ou des mannequins. Autant que d’une hypergamie traditionnelle et toujours actuelle où les puissants — des hommes forcément — épousaient des femmes d’un milieu plus modeste mais belles, elle relève d’une endogamie où l’on partage le même milieu, les mêmes situations et donc les mêmes relations. La rubrique matrimoniale mondaine a élargi l’espace de la pipolisation au-delà du cercle des aristocraties et du showbiz au monde politique et, longtemps cantonné aux cérémonies privées, a débordé les frontières des manifestations publiques, réceptions officielles ou hommages funèbres.
De là à se rendre à deux cérémonies d’hommage funèbre à la suite, comme l’a fait le président de la République, il n’y a pas qu’un calcul intuitif sur l’exploitation émotionnelle d’un deuil mais aussi les sondages qui ont mesuré en quasi instantané l’émotion suscitée par ces deux morts dans le public. Dans le public ? Du moins dans ces échantillons de sondés semi-professionnels qui sont régulièrement appelés à donner leur opinion. Difficile d’imaginer qu’ils ne se déclarent pas émus par le décès d’un vieux monsieur au yeux bleus et par celui d’un chanteur populaire dont l’information rapportait la lente agonie. Nous n’aurons pas droit à ces sondages confidentiels rangés dans les archives du Service d’information gouvernemental pour y dormir à l’abri de toute investigation. Les commanditaires s’y fient-ils ? Il est difficile de le croire, et pourtant… La crédulité des politiques est d’autant plus encouragée que la cote de popularité du Président de la république a accusé une hausse forte et inédite. Elle fut immédiatement attribuée à un « effet Johnny ». Peu importe que l’émotion soit initialement réelle ou pas, elle le devient sous l’effet des médias qui la mettent en scène et recrutent des agents d’émotion ponctuels parmi des gens sincères, amis et fans. Peu importe même qu’elle soit durable ou brève. Elle sera entretenue en attendant une autre occasion. Dans le cas de Johnny, la France éplorée le demeure sur les ondes sans faillir. Inventant un peuple de fans inconsolables. En l’occurrence, il est probable que ces fans resteront très minoritaires. Ainsi va ce régime que l’on pourrait appeler doxocratie puisqu’il fonctionne par la fabrication de l’opinion.
Un étrange silence
Pourquoi cette combinaison sociale, cette formule de domination est-elle anti-démocratique ? On se limitera ici à une dimension particulière d’une menace générale sur le pluralisme de idées et des élites. La vague unanimiste opère comme un contrôle social redoutable. Les voix dissonantes sont dissuadées par la vague médiatique qui incite plutôt au silence tant elle paraît inexorable parce qu’elle est immense et ramène les individus à des entités négligeables mais aussi parce qu’elle est décourageante de grégarité. Pour ne pas dire de bêtise. Le mot est lâché. Comment peut-on émettre un point de vue critique qui semble englober tant de gens — même en prenant des précautions et soutenir un raisonnement aux antipodes des émotions brutes sans être déjà coupable de morgue et d’arrogance ? Sur les réseaux sociaux, piloris et potences seront dressés. Aucune précaution ne saurait y suffire. Cela n’est évidemment que métaphore et ne comporte aucun danger réel, c’est-à-dire physique. La prévisibilité n’en souffle pas moins la question : à quoi bon ?
Lire aussi , « Critique des médias, une histoire impétueuse », Le Monde diplomatique, avril 2016.Critiquer les dirigeants politiques, rien de plus facile en démocratie parlementaire. En principe. Et il est vrai qu’ils ont droit à des volées de critiques, parfois injustes. Critiquer les médias est une activité banale mais difficile dans les médias eux-mêmes. Critiquer les journalistes est encore plus ardu, même si tous les journalistes ne sont pas également concernés. Dans une profession qui se sent souvent critiquée, voire mal aimée, les nerfs sont à fleur de peau et les réactions souvent corporatistes. Critiquer les personnages du showbiz est d’autant plus difficile que leur statut de saltimbanque semble les mettre à l’abri puisqu’ils jouent des rôles ou chantent, avec talent ou non. Privilège d’artistes. Et s’ils s’expriment politiquement, s’ils ont des amitiés politiques, comment leur dénierait-on les droits communs des citoyens ? Ces relations se multiplient-elles, s’intensifient-elles jusqu’aux mariages et autres relations d’intimité amoureuse, familiale ou amicale qu’elles sont protégées par le statut de la vie privée, même si la presse people en fait ses colonnes et les conversations mondaines ses rumeurs. Enfin, objecte-t-on, si cela fait les unes c’est bien parce que le peuple apprécie. Ce présupposé a d’ailleurs organisé la coordination de la célébration funèbre. Et si les foules adorent, comment les en priver ? Et quel cuistre se permettrait-il de mettre en cause le mauvais goût des gens simples ? Des vaniteux forcément. Et si, conscients de la difficulté et malgré tout soucieux de porter le regard critique, ils redoublent de rigueur argumentative, de références, ils se dévoileront. Des intellectuels forcément. Ainsi, sentant les vents mauvais, les critiques, les esprits chagrins et les misanthropes se taisent. À quoi bon ? se disent-ils. Moins par crainte des insultes que par lucidité sur l’avenir. Les répliques de la vague médiatique perdurent, à en juger par l’apparition régulière de Johnny sur les écrans et des révélations décalées dans le temps ; l’industrie de l’irréalité a un avenir radieux. À la vitesse où les célébrités meurent, il y aura bien des hommages funèbres à concélébrer.
Alain Garrigou
COMMENTAIRE RECOMMANDE
Chammal
(4 janvier @07h40)
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Il faut dire que le "sujet" se prêtait à l’exercice.Dès sa première interview le jeune Jean Philippe Smet annonçait la couleur. Eut-il fallu que son géniteur soit américain ? il fut américain.... le décor était posé.
Toujours en décalage avec l’actualité, il manquait rarement son cœur de cible, celui de la France bovine (selon De Gaulle), celle qui vit dans le "souvenir (souvenir"♪). C’est pour sans doute pour ça qu’il merda tant à l’international.
Une peur pathologique de la solitude, tyrannisait son entourage et comblait les foules (celles de Lebon). En politique on dit "démagogie" pour rester poli... normal que nos suiveurs institutionnels aient essayé de raviver leur flamme vacillante à ses cendres encore fumantes. Hue et Raffarin communiants contre l’oubli, comme ce fut pathétique ! Quant au Président, on sait son goût pour l’Antique et pour les sondages de popularité.
Des médias à l’unisson, la messe est dite. "Bachar assassin de son peuple", "Poutine infiltrant les démocraties du Monde Libre", "Kim Jong Un Folamour", "Rohani liberticide", "la guerre contre les faiques niouzes" est en marche, pas de place pour le doute, c’est bien le monde d’Orwell, celui de la novlangue... notre système est bien totalitaire.
... au fait contre qui sommes nous en guerre ? Contre l’Estasia ou contre l’Océania...?