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lundi 27 avril 2015

C'EST EN KLAXONNANT TRES FORT QUE NOUS COURONS DANS LE PRECIPICE // interview de Noam Chomsky

Excellente interview d’EuroNews (fichtre, ça fait plaisir, ça change de BHL !) toute fraîche du grand Noam Chomsky…
Il est l’un des plus grands intellectuels du monde, auteur prolifique et anarchiste autoproclamé. A 86 ans l‘âge ne semble pas le ralentir.  Il combat toute une série d’injustices, avec l’Occident en général dans sa ligne de mire.

Noam Chomsky : une vie de militant

  • Noam Chomsky est né le 7 décembre 1928 à Philadelphie, Etats-Unis
  • Il a commencé à travailler à l’Institut de Technologie du Massachusetts en 1955
  • Il est un éminent linguiste, philosophe et militant politique
  • Son travail dans les années 50 a révolutionné le domaine de la linguistique
  • Il se fait connaître pour son activisme contre la guerre du Vietnam
  • Il s’oppose aux élites dirigeantes et est devenu une critique acerbe de la politique étrangère américaine et occidentale
  • Il a écrit des centaines de livres
Noam Chomsky nous a reçus dans son bureau à l’Institut de Technologie du Massachusetts (le 17 avril 2015).
Isabelle Kumar, euronews :
Noam Chomsky merci d‘être avec nous. Le monde en 2015 semble très instable, mais d’une façon générale, êtes-vous plutôt optimiste ou pessimiste ?
Noam Chomsky :
Au niveau mondial, nous courons vers un précipice : nous ne pouvons que chuter dans l’abîme, ce qui réduit fortement nos chances d’une survie décente.
Isabelle Kumar, euronews :
De quel précipice s’agit-il?
Noam Chomsky :
Il y en a deux en fait : le premier est environnemental. Une catastrophe écologique est imminente, et nous n’avons que trés peu de temps pour en la limiter. Nous n’allons pas dans le bon sens. L’autre date de 70 ans, c’est la menace d’une guerre nucléaire, qui est en fait toujours croissante. Si vous regardez bien ce dossier, c’est un miracle que nous ayons survécu.
Isabelle Kumar, euronews :
Regardons les questions environnementales d’abord. Nous avons demandé aux internautes, sur les réseaux sociaux, de nous envoyer des questions, et nous en avons reçu des milliers. Nous avons reçu cette question de Enoa Agoli, qui demande : “ quand vous analysez la question de l’environnement avec le regard d’un philosophe , que pensez-vous du changement climatique?”
Noam Chomsky :
L’espèce humaine est vieille d’environ 100 000 ans, et elle est maintenant face à un tournant de son histoire . Cette espèce est dans une position où elle va bientôt décider, d’ici quelques générations, si l’expérimentation de la vie dite intelligente peut continuer, ou si nous sommes déterminés à la détruire. Les scientifiques reconnaissent que les combustibles fossiles doivent être laissés dans le sous- sol si nos petits-enfants veulent avoir des perspectives décentes. Mais les structures institutionnelles de notre société font pression pour essayer d’extraire la moindre goutte. Les effets, les conséquences humaines prévisibles du changement climatique dans un avenir proche, sont catastrophiques et nous courons vers ce précipice.
Isabelle Kumar, euronews :
En termes de guerre nucléaire, nous savons tous maintenant que l’Iran a conclu un accord préliminaire . Est-ce que cela ne vous donne pas une lueur d’espoir que le monde pourrait être un endroit plus sûr ?
Noam Chomsky :
Je suis pour les négociations avec l’Iran, mais ces discussions sont profondément viciées. Il y a deux états au Moyen-Orient qui multiplient des agressions, de la violence, des actes terroristes, des actes illégaux, en permanence. Ils sont tous les deux des États très puissants, dotés d’armes nucléaires et de tout un armerment . Et leurs armes nucléaires ne sont pas prises en compte.
Isabelle Kumar, euronews :
A qui faites-vous allusion ?
Noam Chomsky :
Les Etats-Unis et Israël. Les deux états nucléaires majeurs dans le monde. Je veux dire qu’il y a une raison pourquoi, dans les sondages internationaux, gérés par des instituts de sondages américains, les États-Unis sont considérés comme la plus grande menace à la paix mondiale, par une majorité écrasante. Il est assez intéressant que les médias américains aient refusé de publier cela.
Isabelle Kumar, euronews :
Vous n’accordez pas une très grande estime au président américain Barack Obama. Mais avec cet accord avec l’Iran, ne le voyez-vous pas sous un meilleur jour ? Le fait qu’il s’efforce de réduire la menace d’une guerre nucléaire ?
Noam Chomsky :
En fait il ne fait rien. Il a juste lancé un programme de plusieurs billions de dollars de la modernisation desarmes nucléaires américaines, ce qui signifie l’expansion du système nucléaire. C’est une des raisons pour lesquelles la célèbre horloge de l’apocalypse, établie par le Bulletin of Atomic Scientists, a, il y a quelques semaines, avancé de 2 minutes, donc plus près de minuit. Minuit est la fin. Il est maintenant 3 minutes avant minuit. C’est du jamais vu depuis 30 ans, depuis les années Reagan quand il y avait un risque imminent de grande guerre nucléaire .
Isabelle Kumar, euronews :
Vous avez mentionné les États-Unis et Israël avec l’Iran. Maintenant , le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu rejette l’accord préliminaire sur le nucléaire iranien, et il dit …
Noam Chomsky :
Nous savons pourquoi . L’Iran a de très faibles dépenses militaires , même selon les normes de la région. La doctrine stratégique de l’Iran est défensive. Elle est conçue pour tenir à distance une attaque, assez longtemps, pour que la diplomatie prenne le relais. Les États- Unis et Israël, deux Etats voyous, ne veulent plus tolérer la menace. Aucun analyste stratégique ne pense que l’Iran puisse un jour utiliser une arme nucléaire. Même s’il le faisait, le pays serait simplement vaporisé, et il n’y a aucune indication que les mollahs au pouvoir, quoi que vous en pensiez , veulent voir leur pays détruit.
Isabelle Kumar, euronews :
Encore une question sur ce problème, par l’intermédiaire des réseaux sociaux , de Morten A. Andersen qui demande: « Croyez-vous que les Etats-Unis puissent un jour parvenir à un accord qui serait dangereux pour Israël ?”
Noam Chomsky :
Les États-Unis mènent en permanence des actions qui sont dangereuses pour Israël, très sérieusement. Tout en faisant croire qu’ils soutiennent la politique israélienne. Dans les 40 dernières années, la plus grande menace pour Israël a été sa propre politique. Si vous regardez en arrière, en 1970 , Israël a été l’un des pays les plus respectés et les plus admirés dans le monde. Il y avait beaucoup d’attitudes favorables. Il est maintenant l’un des pays les plus détestés et craints dans le monde. Au début des années 70, Israël a pris une décision . Ils avaient le choix, et ils ont préféreré l’expansion à la sécurité, avec des conséquences très dangereuses. C‘était déjà évident à l‘époque – je l’ai écrit et d’autres personnes l’ont fait : si vous préférez l’expansion à la sécurité, cela conduit à une dégénérescence interne, la colère, l’opposition, l’isolement et la destruction ultime éventuellement. Et en soutenant ces politiques , les Etats-Unis contribuent à la menace à laquelle Israël est confrontée.
Isabelle Kumar, euronews :
Cela m’amène à la question du terrorisme, un fléau mondial et certaines personnes , je pense , y compris vous-même, diront qu’il y a un retour de bâton de la politique américaine internationale. A quel niveau les États-Unis et ses alliés sont-ils responsables des attaques terroristes dans le monde entier ?
Noam Chomsky :
Rappelez-vous que la pire campagne terroriste dans le monde est de loin, celle qui est orchestrée à Washington même. C’est une campagne mondiale d’assassinat. Il n’y a jamais eu de campagne terroriste de cette échelle .
Isabelle Kumar, euronews :
Quand vous parlez de campagne globale d’assassinat …
Noam Chomsky :
La campagne de drones – c’est exactement cela. Sur de grandes parties du monde , les Etats-Unis, publiquement, ouvertement – il n’y a rien de secret dans ce que je dis , nous le savons tous – réalisent une campagne d’assassinat de personnes suspectées de nuire un jour au gouvernement américain. Et en effet c’est, comme vous l’avez dit , une campagne de terreur, et quand vous bombardez un village au Yémen , par exemple , que vous tuez quelqu’un – peut-être la personne que vous visiez, peut-être pas – et que d’autres personnes qui se trouvaient dans le quartier meurent elles-aussi – comment pensez-vous que les gens vont réagir ? Ils vont se venger .
Isabelle Kumar, euronews :
Vous décrivez les États-Unis comme le principal Etat terroriste. Comment se place l’Europe alors selon vous?
Noam Chomsky :
Eh bien, c’est une question intéressante. Une étude récente, je crois qu’elle a été faite par la Fondation Open Society [indique que] la pire forme de torture, c’est le transfert de prisonniers.
Vous prenez quelqu’un que vous pensez être responsable de quelque chose, et vous les envoyez à votre dictateur favori, peut-être Assad ou Kadhafi ou Moubarak, pour qu’il soit torturé, en espérant que peut-être quelque chose va en sortir. C’est extraordinaire ce transfert. L‘étude s’est penchée sur les pays qui ont participé, bien évidemment les dictatures du Moyen-Orient, car c’est là que les prisonniers ont été envoyés pour être torturés, et l’ Europe. La plupart des pays européens ont participé : l’Angleterre, la Suède, d’autres pays. En fait, il y a une seule région du monde où personne n’ a participé: c’est l’Amérique latine. Ce qui est assez dramatique. L’Amérique latine est maintenant à peu près hors de contrôle des États-Unis. Quand elle était contrôlée par les Etats-Unis, il n’y a pas si longtemps, c‘était le centre du monde de la torture. Maintenant, l’Amérique latine ne participe pas à la pire forme de torture qui soit. L’Europe a participé. Quand les maîtres rugissent, les serviteurs se couchent.
Isabelle Kumar, euronews :
L’Europe est la servante des Etats-Unis ?
Noam Chomsky :
Certainement . Ils sont trop lâches pour adopter une position indépendante .
Isabelle Kumar, euronews :
Quelle portrait faites-vous de Vladimir Poutine ? Il est décrit comme l’une des plus grandes menaces pour la sécurité, non?
Noam Chomsky :
Comme la plupart des dirigeants , il est une menace pour sa propre population. Il a décidé des actions illégales, évidemment. Mais le décrire comme un monstre fou qui souffre d’une maladie du cerveau et qui est atteint d’Alzheimer, une créature maléfique, c’est un standard de fanatisme orwellien. Je veux dire, quoi que vous pensiez de ses politiques, elles restent logiques. L’idée que l’Ukraine puisse rejoindre une alliance militaire occidentale serait inacceptable pour tout dirigeant russe. Cela remonte à 1990, lorsque l’Union soviétique s’est effondrée. Il y avait déjà la question de ce qui se passerait avec l’OTAN. Gorbatchev a accepté l’idée que l’Allemagne soit unifiée et rejoigne l’OTAN . C‘était une concession assez remarquable avec un quid pro quo : que l’OTAN ne s‘étende pas d’un pouce vers l’est . C’est l’expression qui a été utilisée.
Isabelle Kumar, euronews :
Donc, la Russie est tombée dans une provocation ?
Noam Chomsky :
Qu’est-ce qui est arrivé ? L’OTAN s’est déplacé jusqu’en Allemagne de l’Est, puis Clinton a étendu la prépondérance de l’OTAN jusqu’ aux frontières de la Russie. Maintenant , le nouveau gouvernement ukrainien, après le renversement du précédent, a voté à 300 voix contre 8 ou presque, la résolution pour rejoindre l’OTAN .
Isabelle Kumar, euronews :
Mais vous pouvez comprendre pourquoi ils veulent adhérer à l’OTAN , vous pouvez comprendre que pour le gouvernement de Petro Porochenko, ce serait assurer la protection de leur pays ?
Noam Chomsky :
Non, non, non, ce n’est pas une protection. La Crimée a été prise après le renversement du gouvernement, n’est-ce pas ? Personne ne protége l’Ukraine. Tout cela menace l’Ukraine d’une guerre majeure. Vouloir rejoindre l’Otan n’est pas une protection. Le fait est que cela représente une menace stratégique sérieuse pour la Russie, quel que soit son dirigeant. C’est bien connu.
Isabelle Kumar, euronews :
Si nous regardons la situation en Europe maintenant, il y a aussi un autre phénomène intéressant qui se déroule. Nous voyons la Grèce se rapprocher de l’Est, c’est en tout cas le souhait du gouvernement Syriza. Nous voyons aussi Podemos, qui est en train de gagner le pouvoir en Espagne, ainsi qu’en Hongrie. Pensez-vous qu’il y a une possibilité que l’Europe se rapproche des intérêts russes ?
Noam Chomsky :
Jetez un oeil à ce qu’il se passe. En Hongrie la situation est totalement différente. Syriza est arrivé au pouvoir sur la base d’une vague populaire qui montre que la Grèce ne veut plus se soumettre aux politiques de Bruxelles et aux banques allemandes qui détruisent le pays. Ces politiques ont été faites pour augmenter la dette de la Grèce, par rapport à sa production de richesse ; environ la moitié des jeunes sont au chômage, presque 40 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, on détruit la Grèce.
Isabelle Kumar, euronews :
Faut-il annuler la dette grecque ?
Noam Chomsky :
Oui, comme en Allemagne. En 1953, quand l’Europe a annulé la plupart de la dette de l’Allemagne. Juste comme ça, pour que l’Allemagne soit en mesure de rembourser les dommages de guerre .
Isabelle Kumar, euronews :
Donc, on devrait aussi annuler la dette du Portugal ? et l’Espagne aussi ?
Noam Chomsky :
Qui a engagé cette dette ? Et qui à qui doit-on la rembourser ? La dette a en partie été contractée par des dictateurs. En Grèce c‘était la dictature fasciste, soutenue par les États-Unis. La dette, je pense, était plus brutale que la dictature. C’est ce que l’on appelle en droit international , une «dette odieuse», qui ne doit pas être payée, et c’est un principe introduit dans le droit international par les Etats-Unis, quand il était dans leur intérêt de le faire. Une grande partie du reste de la dette, ce qu’on appelle les paiements à la Grèce sont des paiements aux banques, allemandes et françaises, qui ont décidé de faire des prêts très risqués avec de faibles taux d’intérêt, et qui sont maintenant confrontées au fait qu’ils ne peuvent être remboursés.
Isabelle Kumar, euronews :
Je vais vous poser cette question maintenant, de Gil Gribaudo, qui demande : “ Comment l’Europe va t-elle se transformer dans le futur, avec les défis existentiels qui arrivent?” Parce qu’il y a la crise économique, et il y a aussi une montée du nationalisme , et vous avez également décrit certaines lignes de failles culturelles qui ont été créés à travers l’Europe. Comment voyez-vous l’Europe se transformer ? ‏
Noam Chomsky :
L’Europe a de graves problèmes. Certains sont le résultat de politiques économiques conçues par les bureaucrates de Bruxelles, la Commission européenne et ainsi de suite, sous la pression de l’OTAN et les grandes banques, surtout celles de l’Allemagne. Ces politiques ont un certain sens du point de vue des concepteurs. Ils veulent être remboursés pour leurs prêts et leurs investissements risqués et dangereux. Mais ces politiques érodent l’Etat-Providence, qu’ils n’ont jamais aimé. Mais l’Etat-Providence est l’une de ces contributions majeures de l’Europe à la société moderne, mais les riches et puissants ne l’ont jamais aimé. Il y a un autre problème en Europe : elle est extrêmement raciste. J’ai toujours pensé que l’Europe est plus raciste que les États-Unis. Jusqu’ici ce n‘était pas aussi visible en Europe parce que les populations européennes dans le passé ont eu tendance à être assez homogène. Donc, si tout le monde est blond aux yeux bleus, alors vous ne semblez pas raciste, mais dès que la population commence à changer, le racisme vient de nulle part. Très vite. Et c’est un problème culturel très grave en Europe.
Isabelle Kumar, euronews :
J’aimerais terminer avec une question de Robert Lumière sur une note plus positive . Il demande: « Qu’est-ce qui vous donne de l’espoir ? “
Noam Chomsky :
Ce qui me donne de l’espoir : un certain nombre de choses dont nous avons parlé . L’indépendance de l’Amérique latine par exemple. C’est d’une importance historique. Nous le voyons avec la réunion du Sommet des Amériques à Panama. Dans les dernières réunions continentales, les États-Unis ont été complètement isolés. C’est un changement radical par rapport à il y a 10 ou 20 ans, lorsque les États- Unis trempaient dans les affaires latino-américaines. En fait, la raison pour laquelle Obama a fait ses gestes envers Cuba était d’essayer de surmonter l’isolement des États-Unis. Ce sont les États-Unis qui sont isolés, pas Cuba. Et sans doute ce sera un échec. On verra. Les signes d’optimisme en Europe sont Syriza et Podemos. Espérons qu’il y ait enfin un soulèvement populaire contre les écrasements, les politiques économiques et sociales destructrices qui viennent de la bureaucratie et des banques, et c’est très encourageant. Ou ça devrait l‘être.
Isabelle Kumar, euronews :
Noam Chomsky, merci beaucoup d’avoir été avec nous.

réponses à Noam Chomsky : Nous courons vers un précipice : nous ne pouvons que chuter dans l’abîme, ce qui réduit fortement nos chances d’une survie décente


  1. GLEBLe 27 avril 2015 à 02h32
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    Excellente interview, mais 2 400 vues sur youtube.
    Comment diffuser ses idées ?
    • Chapi chapoLe 27 avril 2015 à 06h47
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      @ GLEB
      On ne peut pas : on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif.
      Comme le dit Chomski, l’humanité à 100 000 ans. C’est très jeune.
      Jusqu’à il y a 30 000 ans environ, on développait encore notre cerveau. C’est seulement depuis qu’on commence à l’explorer tel qu’il est et à développer notre intelligence. 30 000 ans, c’est très, très, très, très, très court à l’échelle de l’évolution, on n’est qu’aux balbutiements de notre connaissance de nos possibilités, alors on fait pleins de conneries.
      Ces conneries humaines sont amplifiées par notre nombre et par nos effets de leviers technologiques.
      Le réflexe grégaire des mammifères sociaux est encore présent chez l’immense majorité d’entre nous. Apprendre et décider par soi-même – et non par perpétuation d’un conditionnement – n’est encore que le fait d’une toute petite minorité. Les autres croient le 20h et Twitter. Ca durera encore quelques siècles, mais nous sommes arrivés ces dernières décennies à un tournant décisif sur cette question, en tant qu’espèce.
      L’individualisme et l’illusion de la vitesse de nos technologies, nous font oublier qu’on ne lutte pas contre les grandes tendances d’une époque. Ca prendra donc encore des siècles, mais nos descendants y parviendront probablement. Avec quels dégâts entretemps pour la planète et les humains, c’est tout le mystère. La démographie humaine risque de baisser de moitié, ou plus, ou moins, dans le processus, on ne sait pas.
      Les personnes qui s’épuisent contre ça sont comme des gouttes d’eaux qui voudraient changer l’océan, elles commencent par oublier qu’elles en font partie et que leur agitation ne fait qu’ajouter à la tendance conflictuelle ambiante ; sinon, elles procéderaient autrement, par exemple, de manière inventive (contrairement à se rebeller, parce que ça, tout le monde peut le faire) Et donc, ces personnes participent aux tensions en court, et confirment leur adaptation à leur époque en la suivant (s’opposer, c’est suivre l’adversaire pour l’engueuler) plutôt qu’en la transcendant.
      Même si on arrêtait de polluer là tout de suite, les conséquences des pollutions déjà réalisées, continueraient de se développer pendant au moins 50 ans avant d’arriver à maturité et de diminuer. Mais comme on n’arrête pas… Et tous les autres excès humains en cours auront leurs effets sur la durée, et on les continue quand même aussi. Donc il n’y a rien à faire pour faire boire les ânes qui n’ont pas soif. CQFD
      Voilà. Désolé.
      Avoir seulement 100 000 ans implique que personne ou presque n’écoutera ce point de vue, parce qu’on n’est pas raisonnable quand on a 100 000 ans.
    • AlfredLe 27 avril 2015 à 07h50
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      En faisant le colibri multiplicateur envers vos amis et rencontres impromptues
      20 de plus pour moi
      20 de plus pour vous
      20 de plus pour…
  2. KiwixarLe 27 avril 2015 à 03h25
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    Merci pour cette traduction d’un article essentiel, à diffuser massivement car il permet de déciller beaucoup d’yeux, notamment grâce à la position de “vieux sage” de Noam Chomsky.
    “L’Etat-Providence est l’une de ces contributions majeures de l’Europe à la société moderne”
    Je n’aime pas du tout ce terme d’ “Etat-Providence”, je pense qu’il a sans doute été inventé par les “0.1%” pour amener un sens d’iniquité, de tombage du ciel, d’une normalité à le révoquer ou à le remettre en cause. Il n’y a pas d’ “Etat-Providence”, il y a un CHOIX de la solidarité, de l’utilisation des impôts : pour l’armement? pour la guerre? pour les financiers étrangers? … ou bien pour les hôpitaux, l’éducation, la santé, les vieux, les pauvres?
    Quand le contribuable US dépense 1500 milliards de dollars pour un fer à repasser (F-35), est-ce que McDonnel-Douglas se félicite de l’ “Etat-Providence” qui permet d’arroser les actionnaires?
    “L’Europe est la servante des Etats-Unis ?
    NC : Certainement . Ils sont trop lâches pour adopter une position indépendante”
    Pas une question de lâcheté, plutôt : l’imprimante illimitée de la FED a permis aux US d’acheter tous les politiciens et les journaux/journalistes européens, ou bien d’utiliser le budget de la CIA/NSA pour les compromettre (orgie, pédophilie). Mettre la création monétaire dans des mains privées (1913) a été le début de plus d’un siècle d’abominations et de la mort des démocraties occidentales.
    “Il a juste lancé un programme de plusieurs billions de dollars” : vu la confusion légitime des lecteurs sur l’échelle courte/longue et l’utilisation du terme “billion” par rapport à l’anglais, j’en profite pour refourguer gratuitement l’échelle “kiwixar” :
    - un douzillard : 10^12 = 1000 milliards (trillion en anglais)
    - un quinzillard : 10^15
    - un dixhuillard : 10^18
    Ca facilite la compta : le nombre d’atomes dans l’univers observable est estimé entre 4 septantehuillards et 6 septanteneufilliards.
    • JoannaLe 27 avril 2015 à 10h07
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      Euh … pour le nombre d’atomes dans l’univers je vous suggère de recompter.
      M’est avis que vous en avez oublié quelques-uns …
      • MacarelLe 27 avril 2015 à 12h29
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        Nombre d’atomes dans l’univers observable ~10^80 (1 suivi de 80 zéros)
        Le raisonnement de l’astrophysicien C. Magnan ici :
        • KiwixarLe 27 avril 2015 à 12h53
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          6 septanteneufilliards = 6 x 10^79, jsuis pas tombé loin!
  3. dissyLe 27 avril 2015 à 03h28
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    Crash MH17: Berlin connaissait les risques liés au survol de l’Ukraine.
    Le gouvernement allemand connaissait les risques liés au survol de l’Est de l’Ukraine avant le crash du Boeing de la Malaysia Airlines et n’en a pas informé les compagnies aériennes allemandes, ont indiqué plusieurs médias allemands dimanche.
    Les 298 passagers et membres d’équipage du vol MH17, dont deux tiers de Néerlandais, sont décédés le 17 juillet quand l’avion de la Malaysia Airlines a été abattu par un missile alors qu’il survolait cette zone en guerre.
    La Russie ne viole pas les “règles du jeu” sur la scène internationale, à la différence de l’Occident, a affirmé dimanche le président russe Vladimir Poutine, dans un documentaire. “Cela concerne nos relations avec l’Ukraine et la situation en Crimée”, précise-t-il.
    “Et lorsque je dis “règles du jeu”, je veux dire avant tout le droit international, la charte de l’organisation des Nations unies et tout ce qui est lié à cela”, a déclaré M. Poutine, dans le documentaire “Président” diffusé par la télévision publique russe.
    “Les soi-disant milieux dirigeants des pays occidentaux, leurs élites politiques et économiques nous aiment quand nous sommes pauvres, misérables et restons la main tendue pour mendier”, a accusé Vladimir Poutine.
  4. jocelinLe 27 avril 2015 à 06h55
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    Je crois qu’un documentaire récent va lui être consacré
    link to requiemfortheamericandream.com
  5. boduosLe 27 avril 2015 à 07h25
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    pourquoi doit on aller chercher ailleurs la réflexion sur nous? n’avons nous pas de concitoyens respectables et censés ? pourquoi si peu d’empressement pour les faire connaitre?
    le but d’un blog étant j’espère pédagogique ,pourquoi ne pas utiliser plus souvent les TP sur les cas d’actualité sans craindre en permanence l’œil de Matignon ,pourvu que la décence soit “modérée ” au regard de la seule loi évidemment?
  6. EsopeLe 27 avril 2015 à 08h38
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    Je suis en très grande partie d’accord avec ses points de vue, mais, une fois de plus à l’occasion des interviews de penseurs non conventionnels comme pour les autres, je déplore que deux points majeurs à mon sens des situations actuelles ne soient jamais abordés. Leurs dérives sont patentes et lourdes de conséquences.
    Ils sont portés par deux concepts tabous, énoncés avec déférence quand ils le sont par la bien-pensance ordinaire. Les constats qui s’y rapportent ne sont vraiment pas à la hauteur de leurs ambitions, alors, à mon avis, ils devraient systématiquement être commentés et remis en selle si possible :
    Le concept de Liberté qui, dans les faits, aboutit à des luttes de pouvoirs plus ou moins sordides et à des écrasements des faibles par les forts, ceux qui disposent de plus d’atouts et de moins de scrupules.
    Le concept de Démocratie. Les pays évoqués dans cet interview se prétendent démocratiques. Dans les constats, il apparaît que les démocraties de façade publicitaire dérivent rapidement vers un accaparement du pouvoir par un dictateur parano ou une oligarchie partisane et sectaire, à des fins particulières.
    Ces propos sont peut-être dérangeants mais ce sont des sujets dont il est indispensable de prendre conscience et, a minima, de débattre.
  7. JoannaLe 27 avril 2015 à 09h17
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    Je souscris pleinement aux constats lucides et courageux de Monsieur Chomsky.
    A commencer par les 2 grands précipices qu’il évoque.
    Je suis effarée de voir à quel point nous délaissons ces questions essentielles pour ne s’occuper que de futilités, de niaiseries bien souvent amenées pour nous distraire volontairement.
    Nous nous querellons souvent pour des queues de cerise, une avalanche de faits et d’évènements qui ne mériteraient même pas d’être qualifiés de détail de notre histoire, et nous sommes incapables de prioriser lucidement.
    Imaginons que nous assistions dans un film à la scène suivante :
    Un grand immeuble au milieu d’une forêt. Dans les appartements certaines familles se disputent pour savoir de quelle couleur repeindre les murs, d’autres sont rivées devant la télé, d’autres occupants rêvassent, d’autres encore sont en train de se quereller avec leur voisin et de les injurier.
    Au dehors une épaisse fumée, la forêt est en flammes et visiblement les flammes gagnent du terrain et menacent l’immeuble et ses habitants. Aucune réaction de ceux-ci qui continuent comme si de rien n’était.
    Alors devant un tel scénario tout le monde crierait que ce film est débile, pas réaliste etc …
    Et c’est pourtant bien une image de notre réalité.
    Dons je ne suis guère optimiste. Je nous donne quand même un peu plus de chances d’échapper au 2ème précipice, quoique …, mais pour le premier rien ne sera fait ou alors les quelques débuts de commencements de réactions indispensables seront entrepris bien trop tard.
    En conclusion les Shadoks me semblent avoir bien raison de dire que « le passé ne sera jamais pire que l’avenir ».
  8. Marie GenkoLe 27 avril 2015 à 09h56
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    Tout espoir ne peut être perdu puisque des Noam Chomsky peuvent encore s’exprimer, même sur Euros News!
    Toutefois la réflexion, qui devrait être la notre, après avoir lu ou écouté cette magistrale interview, serait de nous inspirer de l’Histoire de notre humanité.
    Depuis le commencement des temps, il y a toujours eu une économie du troc, des prêts usuriers et de la violence pour s’emparer des biens d’autrui.
    Il me semble utopique d’éliminer ou de remplacer l’économie de troc, de même qu’il serait certainement nuisible d’empêcher un endettement raisonnable des individus et des entreprises.
    Lorsque Noam Chomsky parle de l’Etat Providence, je pense qu’il fait référence justement à une solidarité sociale et non à une utilisation abusive de l’impôt à des fins militaires ou autres.
    Tous ces éléments de réflexions pour dire que nous revenons toujours à la case zéro, celle le l’honnêteté des décideurs que nous avons nous-mêmes placés à la tête de nos Etats.
    Si ces décideurs étaient incorruptibles, nous aurions une Europe indépendante travaillant la paix et au bien-être des Etats européens.
    Tout est dans l’éducation que nous transmettons à nos enfants: le respect de ch envers autrui est aussi le salut de tous
  9. christian gedeonLe 27 avril 2015 à 09h59
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    J’aime bien Noam Chomsky,grande âme…mais il est atteint depuis toujours par le sale virus communautariste,et s’en revendique d’ailleurs…il est pour des sociétés communautarisées,ou chaque groupe ethnique ou religieux a en quelque sorte sa propre loi…et çà,malgré tout ce qu’il dit de bon et de grand est inacceptable..l’Europe plus raciste que les US…??? c’est une blague j’espère…c’est quand même curieux cette façon répétitive de s’attaquer aux peuples européens…chaque jour son offensive…et maintenant Chomski s’y met… nous serions donc en Europe,beaucoup plus raciste que les américains.je conseille à M. Chomsky d’aller faire un tour dans la bible belt,où en utah,ou en fait à peu près partout aux US… si pour lui,ne pas être raciste,c’est accepter la communautarisation des sociétés,alors oui,je ne parle pas pour les autres,alors OUI,je suis raciste…je refuse la communautarisation,en bloc et sans nuances…on est vraiment en train de déraper,là…je ne connais qu’une communauté,c’est celle de la république,une,souveraine et indivisible…le reste est du frotti frotta sub neuronal…de la branlette intellectuelle,quoi!
    • francoisLe 27 avril 2015 à 11h34
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      J’avoue que ça m’a surpris et qu’il ne donne aucun argument, son exemple de l’homogénéité des peuples ne vaut pas grand chose, vu qu’il y a toujours eu des mélanges en Europe (ex : immigration italienne en France au XVIe) . Effectivement il y a toujours eu mixité aux USA : entre des blancs armés et puissants et des minorités à leur bottes
    • ChrisLe 27 avril 2015 à 11h56
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      Le communautarisme tel que vous l’évoquez est de prendre soin des uns des autres.
      En quoi est-ce si préjudiciable ? J’ai de la peine à vous suivre.
    • MauriceLe 27 avril 2015 à 12h27
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      Amor patriae nostra lex.
  10. AlaeLe 27 avril 2015 à 10h34
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    “Il y a un autre problème en Europe : elle est extrêmement raciste. J’ai toujours pensé que l’Europe est plus raciste que les États-Unis.”
    D’après moi, il attige un chouïa, si j’ose ainsi m’exprimer. Au moins en Europe, les flics ne s’amusent pas encore au tir au pigeon d’argile sur des personnes noires.
    Un nouveau cas aux USA. Encore un.
    link to rt.com
    Je me demande de plus en plus si le racisme ne tient pas à l’ADN même des sociétés libérales. Leurs fondements idéologiques même engendrent des divisions et des conflits, d’où toujours plus de communautarismes et la “guerre de tous contre tous” décrite par Hobbes. La Russie, l’un des pays les plus multiculturels au monde – et l’un des moins libéraux, au sens philosophique du terme – a beaucoup moins de problèmes raciaux que nous. Tout simplement, en ne créant pas de cases et en encourageant une identité populaire russe de type “une et indivisible” (ce qui devrait nous rappeler quelque chose).
  11. NerouievLe 27 avril 2015 à 10h40
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    Propos très enrichissants, comme toujours, de la part de Chomsky, qui font plaisir à lire. Mais je décèle néanmoins une petite contradiction, à savoir : avec 100 000 ans l’humain est encore très jeune et se chamaille comme les enfants dans la cour de la maternelle (j’allais dire comme au Parlement ukrainien) et rejeter la faute sur les Etats voyous (USA et Israël) n’est donc pas une solution au problème. S’ils n’existaient pas, d’autres prendraient la place. Par contre s’en démarquer c’est grandir et c’est ce que font l’Amérique du Sud et la Russie. Pourquoi l’Europe reste aussi stupide et infantile.
  12. bobLe 27 avril 2015 à 10h42
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    Bonjour
    Un conflit nucléaire, peut très bien arriver , la menace n’est pas écarter, il a mêmes plus de chance que pendant la guerre froide. Il peut arriver par dérapage ou accident suite a de multiples provocations, et un niveau de tension élevé. l’Ukraine en est un exemple flagrant, jusqu’ou les Russes laisserons faire!?.Car un conflit nucléaire, peut très bien se produire avec la Russie, ou la Chine, pour l’instant cette la Russie qui à des milliers d’ogives, pas l’Iran.. Pour le reste , on ne veut pas voir, le problème de l’explosion démographique, entre autre,qui est source d’agressivité, de guerres, de migration. Car nourrir et faire vivre autant de monde, ne peut qu’aggraver la pression écologique. Peut -on continuer sur cette logique folle ?; un chinois,un sud américains, peut t-il vivre avec le mêmes niveau de vie, que l’américain moyen,cette a dire consommer et gaspiller autant.Il faut repenser totalement , à l’échelle mondiale, notre façon de vivre , consommer, produire, travailler. On en est très loin.
  13. georges dubuisLe 27 avril 2015 à 12h08
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    Toujours gauchiste inachevé ce brave Noam, au delà du nucléaire commun aux USRAEL, il ne définit pas l’alliance plus profonde entre ces 2 amis et pourquoi le 1er est contrôlé par le second, c’est un modéré qui peut provoquer la modération, pas la radicalité d’un soulèvement et je n’évoque absolument pas la violence.
    Voyons voir les limites !
    Quand à ” l’Europe est plus raciste que les États-Unis.” là, c’est le bouquet de la confusion vaguement godwin du libéral interplanétaire qui n’aime pas la simple idée de nation.
    PS voilà pourquoi cet interview reste parfaitement acceptable pour Euronews, un merdia de la pseudo communauté internationale voir intergalactique de fantaisie.
  14. Denis GriesmarLe 27 avril 2015 à 12h22
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    En tant que linguiste, j’admire la contribution de Noam Chomsky. En tant qu’analyste politique, je suis un peu plus réservé. En effet, affirmer que l’Europe est plus raciste que les Etats-Unis est totalement à côté de la plaque. Le communautarisme est dans les gènes du pays depuis les Pilgrim Fathers … et que dire de l’immense génocide des Amérindiens ? Au Canada, les Anglos sont pareils : il n’y a pas de métis anglo-indiens …
    Traduisant un ouvrage sur la fin de la Deuxième Guerre mondiale (“1945, Année Zéro”), je découvre que si la Conférence monétaire s’est tenue à Bretton Woods, station de ski du New Hampshire, c’est d’une part qu’il fallait circonvenir un sénateur de cet Etat, mais aussi … parce qu’exceptionnellement pour une zone rurale, l’hôtel choisi acceptait les clients juifs !!!
    Celle-là, je ne la connaissais pas !!! …
  15. MacarelLe 27 avril 2015 à 12h40
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    L’horloge de l’apocalypse a été avancée à minuit moins trois, elle a déjà été à minuit moins deux en 1953, mais ce n’est pas une raison pour se réjouir…
    Car depuis 1991, l’aiguille se rapproche régulièrement de minuit.

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